Peu de salariés le savent, mais votre employeur peut vous prêter de l’argent à un taux dérisoire. Voici tout ce que vous devez connaître pour en profiter.
Qu’est-ce que le prêt employeur ?

Le prêt employeur est un crédit accordé volontairement par une entreprise à son salarié. Différent de l’acompte et de l’avance sur salaire, il permet aux entreprises de soutenir leurs salariés dans diverses situations telles que :
- L’acquisition d’un logement
- Le financement d’une formation
- Les travaux d’amélioration énergétique
- Les difficultés financières temporaires (découvert, refus de paiement fractionné, imprévu important)
- L’achat d’un véhicule nécessaire au travail
Cette solution peut s’avérer précieuse lorsque les banques refusent un crédit, notamment si vous êtes confronté à un fichage bancaire.
Les différences entre un prêt employeur et les autres formes de crédit
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| Négociée au cas par cas | Prêt à taux zéro ou 1 % | Contrat interne simplifié |
| 12 à 120 mois | 0,90 % à 5,60 % | Nombreux documents et vérifications |
| 3 mois et plus | Formulaire simple | |
| 3 à 5 ans | Entre 0,6 % et 22,6 % | Nécessite un contrat formalisé |
| 6 mois à 7 ans | Entre 5 % et 20 % | Varie selon les organismes |
| 36 à 60 mois | Entre 12 % et 22,5 % | Formalités simplifiées |
La procédure pour demander un prêt à son employeur
La première étape consiste à adresser une demande claire et formelle à votre supérieur hiérarchique ou au service des ressources humaines. Celle-ci doit préciser le montant sollicité, la durée de remboursement envisagée ainsi que l’usage prévu des fonds. Mentionnez votre poste, votre ancienneté au sein de l’entreprise, suivi d’une argumentation solide pour renforcer la crédibilité de votre requête.
Transmettez la demande par courrier ou e-mail selon les pratiques internes, et conservez-en une copie de même que tous les échanges pour le suivi. Cette démarche est particulièrement pertinente lorsque les solutions de financement classiques ne sont pas accessibles ou suffisantes.
Les conditions à remplir pour bénéficier d’un prêt employeur
Les conditions d’obtention d’un prêt employeur ne sont pas uniformes et dépendent largement de la politique interne de chaque entreprise.
Parmi les conditions généralement demandées, on retrouve :
- Une ancienneté minimale dans l’entreprise, le plus souvent comprise entre 6 mois et 1 an
- Une capacité de remboursement suffisante, évaluée à partir des bulletins de paie et de l’analyse du taux d’endettement du salarié
- L’absence de procédures judiciaires ou de contentieux en cours impliquant le salarié
- La présentation d’un projet réel et justifié, nécessitant un financement (travaux, acquisition immobilière, dépenses exceptionnelles, etc.)
Une fois l’ensemble des conditions réunies, transmettez votre demande par courrier recommandé avec accusé de réception afin de disposer d’une preuve officielle de la démarche. L’employeur procèdera à la vérification de la recevabilité du dossier et analysera les garanties que vous avez présentées avant de se prononcer.
Les engagements respectifs de l’employeur et du salarié
| Cadre / Situation | Droits et obligations du salarié | Droits et obligations de l’employeur |
|---|---|---|
| Formalisation du prêt | Droit à un contrat écrit Accès aux informations : montant, durée, échéancier, taux éventuel Obligation de signer le contrat | Obligation de formaliser le prêt par écrit Remise d’un exemplaire au salarié Droit d’exiger la signature préalable |
| Conditions du prêt | Transparence sur les modalités Information en cas de difficulté de remboursement | Communication claire des conditions Fixation du montant, de la durée et du taux |
| Remboursement | Respect de l’échéancier Possibilité de remboursement anticipé Contestation en cas d’erreur de retenue | Perception des remboursements Retenue sur salaire dans les limites légales Respect des plafonds de retenue |
| Garanties | Information sur les garanties exigées Fourniture d’une garantie si prévue | Exigence d’une assurance Demande d’un cautionnement tiers |
| Litiges | Recours au conseil de prud’hommes Contestation des conditions abusives | Défense de ses intérêts Respect du cadre légal |
| Refus du prêt | Absence de droit automatique au prêt | Refus libre de la demande Interdiction de toute discrimination |
Montant, taux, plafond et durée du prêt
Le montant du prêt accordé par l’employeur dépend principalement du salaire net du salarié et de sa capacité de remboursement. En pratique, la mensualité ne dépasse généralement pas 33 % des revenus, afin de préserver l’équilibre financier du salarié.
Montant et plafonds du prêt
Il n’existe aucun plafond légal fixé par la loi concernant le montant d’un prêt employeur. Chaque entreprise définit librement ses propres limites selon sa politique interne et ses capacités financières. Dans les faits, les montants accordés varient fortement :
- quelques milliers d’euros dans certaines PME ;
- jusqu’à 10 000 €, voire davantage dans les structures plus importantes.
Taux d’intérêt appliqué
Le prêt employeur peut être consenti sans intérêt ou à un taux très réduit, fréquemment compris entre 0 et 1 %. Le taux applicable doit impérativement être indiqué dans le contrat de prêt.
Modalités de versement
Les modalités de versement sont précisées dès la signature du contrat. Le plus souvent, la somme est versée en une seule fois directement sur le compte bancaire du salarié. Toutefois, pour des montants élevés, certains employeurs privilégient un versement échelonné, selon les besoins et l’accord des parties.
Durée et modalités de remboursement
La durée de remboursement est librement fixée entre le salarié et l’employeur. Elle peut être ajustée en cas d’imprévu, sous réserve d’un accord commun. Le contrat de prêt détaille les dates et les modes de remboursement, parmi lesquels :
- des retenues mensuelles sur le salaire ;
- des prélèvements automatiques sur le compte bancaire du salarié ;
- des versements manuels effectués par le salarié.
Toutes ces conditions doivent explicitement figurer dans le contrat afin d’éviter tout litige ultérieur.
Calcul des intérêts et traitement fiscal du prêt employeur
Lorsqu’un employeur accorde un prêt à un salarié, les conditions financières sont librement définies d’un commun accord. Le prêt peut être consenti sans intérêts, à taux réduit ou à un taux conforme au cadre légal. Le mode de calcul retenu n’est pas neutre, car il peut avoir des conséquences fiscales, tant pour l’entreprise que pour le salarié.
Le prêt employeur sans intérêts
Le prêt à taux zéro constitue un avantage financier important pour le salarié, puisqu’aucun coût supplémentaire ne s’ajoute au montant emprunté. En revanche, ce type de dispositif peut attirer l’attention de l’administration fiscale. En l’absence d’intérêts ou lorsque le taux appliqué est anormalement bas, le prêt peut être assimilé à un avantage en nature, susceptible d’être soumis à cotisations sociales et à l’impôt.
Le prêt employeur avec intérêts
Lorsque le prêt prévoit le paiement d’intérêts, ceux-ci doivent respecter les règles en vigueur. Pour l’employeur, les intérêts perçus peuvent, sous certaines conditions, être intégrés dans le cadre fiscal applicable à l’entreprise. De son côté, le salarié peut, selon la nature du prêt et le régime fiscal concerné, bénéficier de mécanismes de déduction spécifiques. Une analyse au cas par cas est souvent nécessaire.
Remboursement anticipé et situations particulières
Les conditions de remboursement anticipé font partie des éléments essentiels du contrat de prêt et doivent clairement être définies dès l’origine.
Remboursement anticipé
Le contrat peut notamment préciser :
- la possibilité de solder le prêt avant son terme ;
- l’existence ou non de frais ou pénalités en cas de remboursement anticipé.
Départ du salarié de l’entreprise
En cas de rupture du contrat de travail avant la fin du remboursement, plusieurs solutions peuvent être envisagées :
- le remboursement immédiat du capital restant dû ;
- la reprise de la dette par un établissement bancaire ;
- la renégociation des modalités de remboursement avec l’employeur.
Dans certains cas, trouver rapidement un autre travail peut permettre d’anticiper ou de solder ce type de dette.
Décès ou incapacité du salarié
Certaines situations exceptionnelles, comme le décès ou une incapacité durable du salarié, soulèvent la question de la continuité du remboursement. Selon la politique de l’entreprise, le prêt peut être :
- partiellement ou totalement annulé ;
- pris en charge par une assurance spécifique prévue dans le cadre du contrat.
La formalisation du contrat de prêt
Bien que la loi n’exige pas toujours un écrit, le prêt doit être formalisé, quel que soit le montant. Ce document clair et signé protège les deux parties et prévient les malentendus futurs et doit contenir les éléments suivants :
- L’identité signataires
- Le montant prêté
- La durée du prêt
- Le taux éventuel
- L’objet du prêt
- Les modalités de remboursement
- Le sort du prêt en cas de rupture du contrat de travail
Le contrat doit être paraphé par l’employeur et le salarié et chaque partie doit conserver un exemplaire.
Les aspects juridiques du prêt employeur

En France, un prêt de plus de 1 500 € doit être écrit et, au-dessus de 5 000 euros, il doit être déclaré au fisc via le formulaire nᵒ 2062. En plus, les remboursements ne se font pas directement sur le salaire, mais par virement ou chèque, conformément à l’article L3252-3 du Code du travail.
Depuis un arrêt de la Cour de cassation de 2019 (suite à une décision de la CJUE), les prêts employeur-salarié sont encadrés par le Code de la consommation. Cette décision protège le salarié des clauses abusives, empêchant par exemple l’employeur d’exiger un remboursement immédiat en cas de départ de l’entreprise.
Dans quel cas refuser un prêt d’argent à son employé ?
Un employeur peut refuser un prêt à un salarié pour plusieurs motifs légitimes :
- L’incapacité financière de l’entreprise
- Absence de motif sérieux de l’employé
- Non-respect des critères d’éligibilité internes
- Risque de discrimination ou de traitement inégal
- Antécédents financiers peu convaincants du salarié
Peut-on accorder un prêt à un alternant ?
Les alternants peuvent également avoir droit à un prêt, mais cela dépend des politiques internes. Ces employés à revenus modestes n’ont pas forcément les mêmes droits qu’un salarié permanent, ce qui peut poser des difficultés. Toutefois, certaines entreprises étendent leurs avantages aux alternants, considérant qu’ils font partie intégrante de l’équipe et méritent un soutien financier en cas de besoin.
Quelles alternatives au prêt d’argent par l’employeur ?
Acompte sur salaire
L’acompte sur salaire correspond au versement anticipé d’une partie de la rémunération pour un travail déjà effectué. Il ne s’agit pas d’un prêt, mais d’un droit reconnu au salarié, qui peut en faire la demande avant la date habituelle de versement du salaire.
Par exemple, lorsque la paie est versée en fin de mois, un salarié peut solliciter le paiement d’une partie de son salaire à la mi-mois pour la période déjà travaillée. Cette solution permet de répondre à un besoin ponctuel de trésorerie sans générer de dette, les sommes versées étant simplement déduites du salaire final.
Avance sur salaire
L’avance sur salaire consiste à verser une somme correspondant à une période de travail non encore réalisée. Contrairement à l’acompte, elle n’est pas un droit automatique et reste soumise à l’accord de l’employeur. Cette alternative peut être envisagée pour faire face à une difficulté financière immédiate, comme un découvert bancaire ou une dépense imprévue en début de mois.
Les montants avancés sont ensuite récupérés par l’employeur, généralement par retenues sur les prochains bulletins de salaire, selon des modalités préalablement définies.
Aides sociales et dispositifs internes
Certaines entreprises proposent des aides sociales ou des dispositifs internes en complément, voire en remplacement, d’un prêt employeur. Il peut s’agir d’aides financières exceptionnelles, de fonds de solidarité, ou de dispositifs encadrés mis en place en partenariat avec des organismes spécialisés.
Ces solutions visent à accompagner les salariés confrontés à des situations particulières, tout en offrant un cadre plus souple et parfois plus avantageux qu’un prêt d’argent directement accordé par l’employeur. Ces dispositifs peuvent parfois être cumulés avec des aides sociales existantes, selon la situation du salarié.
3 raisons de proposer un prêt à ses salariés 🎯

Proposer un prêt à ses employés présente plusieurs avantages qui vont au-delà de l’aspect financier.
Fidélité et motivation renforcées
Accorder un prêt à un salarié en difficulté montre que l’employeur se soucie réellement du bien-être de son équipe. Cela crée un sentiment d’appartenance et de reconnaissance qui incite les salariés à s’investir davantage dans leur travail. En se sentant soutenu, l’employé est plus susceptible de rester fidèle à l’entreprise sur le long terme.
Réduction du stress financier
Le stress financier est un obstacle à la productivité. Un prêt avantageux peut l’alléger et améliorer les performances du salarié, qui pourra se concentrer pleinement sur son travail, libéré de ses contretemps financiers personnels.
Créer une culture d’entraide
Proposer un crédit instaure une culture de confiance et d’entraide. Les salariés savent qu’ils peuvent compter sur leur employeur, ce qui améliore l’ambiance au travail et renforce les liens.

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